Dessiner au Musée : La rieuse de Jean-Baptiste Carpeaux

Au Musée des Beaux Arts de Strasbourg, il y a, tout à la fin du parcours, un buste de jeune femme qui sourit : « La rieuse napolitaine » de Jean-Baptiste Carpeaux. C’est un très beau visage, taillé dans le marbre, la tête tournée vers la gauche, regarde la sortie. Son sourire est irrésistible. Il faut le dessiner pour s’en approcher. D’où la répétition, la variation, pour retrouver la sensation, première ou prochaine…

J’aime la variation, la répétition. C’est humain. Comme les pistaches, dessiner est compulsif. C’est dans la petite forme, trouver la grande sensation. Pour cela il faut en permanence chercher de nouveaux sujets, un champ pour la répétition, une variation, les sensations. Pour dessiner, il faut évidemment une envie, un « motif ». Ainsi, régulièrement, je vais aux Beaux Arts de Strasbourg, où j’ai choisi quelques oeuvres pour moi remarquables.

Parmi celle-ci, il y a ce buste en marbre blanc du sculpteur. Son regard, son sourire… Et dessiner la sculpture est une difficulté particulière. Mais la sculpture offre aussi une constance bien sûr.

J’ai donc à ce jour dû dessiner ce buste de Carpeaux peut-être cent fois. De la même manière, j’ai dessiné la Cathédrale de Strasbourg plus de 1800 fois : à pied, en bus, en tram, de près, de loin, vite, très vite, méditatif, distrait, désinvolte, appliqué, énervé, détendu… répétition, variation : retrouver, éprouver, inventer la sensation. En multipliant les tentatives, un peu comme les jets de dés pour faire 421, je veux trouver le chemin le plus direct entre le geste rapide et la restitution de ce sourire et de ce regard. Et la répétition est aussi en soi un défi.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.